1991: la Coordination rurale pour un autre syndicalisme agricole

La Coordination rurale est aujourd’hui l’une des principales organisations professionnelles d'exploitants agricoles. Elle est née en 1991, d’une contestation de la réforme de la PAC et des positions de la FNSEA. 


En 1991 (Ve République), la grande manifestation «Pas de pays sans paysan» pilotée par la FNSEA vise, avec succès, à alerter la population et les pouvoirs publics sur le rôle majeur de l’agriculture et de la paysannerie, l’importance du monde rural. La principale organisation professionnelle agricole est pourtant confrontée à une opposition que les positions de la gauche élue en 1981 ont favorisée, et qu’incarnent notamment la Confédération paysanne (1987) ou encore le Modef (créé en 1959). La dissidence s’exprime notamment eu égard une pratique syndicale dite de «cogestion» avec l’État dans le cadre d’une marche forcée vers l’Europe et, au-delà, la mondialisation. 

De la coordination au syndicat national

La réforme de la PAC qui s’annonce cristallise les oppositions, tandis que le principe des coordinations comme forme d’action collective a le vent en poupe. À l’initiative de Jacques Laigneau, un ingénieur agronome, et des exploitants Jean-Paul Couvreur et Philippe Arnaud, une structure associative se met en place, dont le premier objectif est de faire évoluer le syndicalisme agricole et, notamment la ligne FNSEA, CNJA. Le leitmotiv d’une «exception agriculturelle au GATT» et d’une analyse proche des thèmes altermondialistes (organisation mondiale favorisant la concertation internationale et inter-étatique, à l’inverse du modèle OMC, régulation volontariste du marché, soutient aux producteurs, règles écologiques, sécurité alimentaire) réunit autour des fondateurs des adhérents du Modef, de la Confédération paysanne, en même temps qu’il perturbe leurs organisations du fait notamment du rapprochement opéré avec la Fédération française de l’agriculture, considérée comme très à droite.

En 1994, la démarche se formalise par la transformation en institution professionnelle de type syndicat baptisée Coordination rurale-Union nationale qui se veut «résolument apolitique». Son implantation originelle, très ancrée dans le sud de la France, s’élargit progressivement, notamment en ralliant des adhérents de la FNSEA, et la Coordination rurale devient un interlocuteur national pour les pouvoirs publics, même si, à l’instar du Modef et de la Confédération paysanne, elle réclame une réelle ouverture de la représentativité.

Bernard Lannes est le 4e président de l’organisation (depuis 2010). L’organe exécutif est le comité directeur (19 membres). L’organe souverain est l’assemblée générale. La coordination revendique, en 2018, 94 implantations départementales et 13 implantations régionales. En 2019, pour les élections professionnelles au sein des chambres d’agriculture, elle recueille 22% des suffrages dans le collège exploitants (dont 20,80% en liste directe) sur 87 départements, avec une prééminence au sein des chambres du Lot-et-Garonne, de Haute-Vienne et Charente, et une forte présence dans les chambres du Finistère, d'Indre-et-Loire, pour 15,84% d'audience auprès des anciens exploitants.

Principales sources et références
- «Organisations professionnelles agricoles : Histoire et Pouvoir», Serge Cordellier, Roger Le Guen, Revue POUR, GREP, 2008; accessible en ligne sue le site cairn info
- «Pourquoi l’exception agriculturelle est-elle nécessaire», Yves Laigneau, document accessible en ligne sur le site de l’ENS Lyon, institut Michel Serres
- «Initiatives», magazine de l’association Transrural, n°310, dossier Syndicalisme agricole, 2006; accessible en ligne sur le site de Transrural
- Site de la Coordination rurale

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