Les syndicats de la fonction publique hospitalière interpellent le Premier ministre à propos de la suppression, injustifiée, du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail

L’adresse au Premier ministre, émise par les organisations syndicales CGT, FO, CFDT, SUD et Unsa, fait suite à leur décision de quitter le Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière (CSFPH, 25 juin 2021), dont l’ordre du jour était consacré au «projet de décret concernant les comité sociaux d’établissement», dans les établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux et groupements de coopération sanitaire de moyens de droit public.

Le CSE: une instance dangereuse pour les agents hospitaliers

Pour les syndicats, «la suppression des CHSCT remplacés par une instance vidée de tout contre-pouvoir par la remise en cause du recours à l’expertise, ne sert qu'à une seule chose: protéger les directions en leur laissant tout pouvoir». Plus que jamais, les hospitaliers sont en danger. Invalidité, accidents de travail, maladies professionnelles, burn-out explosent dans le secteur et malgré cela, la possibilité de défense collective sera impossible». Et de rappeler que le «seuil proposé pour une mise en place obligatoire de la commission spécialisée (…) du CSE, (…) est, quant à lui, inacceptable alors que la ministre de la Transformation de la Fonction publique s’est prononcée favorablement à la possibilité de déroger à cette règle au vu de la spécificité de notre secteur d’activité».

Communiqué commun CFDT-Santé, CGT Santé, FO SPS, SUD Santé, Unsa Santé – 29 juin 2021

Les organisations syndicales de la recherche publique refusent d’avaliser les remises en causes de statuts, rémunérations et missions que projette le Gouvernement. 

Le front du refus syndical réunissant FERC-CGT, FSU, FO ESR, SUD Éducation et SUD Recherche EPST, s’élève contre divers textes visant à «mettre en cause l’ensemble des statuts et de missions des personnels», dans le sillage de la LPPR (loi pluriannuelle de programmation). Des propositions d’autant plus inacceptables qu’ils donnent l’impression d’une «précipitation et (…) impréparation (…) sur des projets qui impactent pourtant fortement l’enseignement supérieur et la recherche». D’où le «boycott du comité technique ministériel  (18 juin 2021) par la grande majorité des syndicats représentés». 

Pour une révision de la LPR et une sortie de la gestion Covid

Pour l’intersyndicale, il faut revenir sur les multiples réformes envisagées ainsi que sur «une gestion “Covid” qui a été l’occasion de multiples atteintes aux droits statutaires des personnels, aux droits des étudiants (…), aux missions d’enseignement» et que «la Ministre entend inscrire (…) dans la durée, en débloquant 22 millions d’euros pour l’ “hybridation” des enseignements, en annonçant 49 “campus connectés”, en prévoyant la “prolongation ou transformation” et non la disparition des dispositifs de crise». 

Appelant à une mobilisation générale pour le 6 juillet 2021, le collectif syndical réclamera, au contraire: la «revalorisation du traitement indiciaire», la «titularisation de tous les contractuels sur missions pérennes (et la-NDLR) création de tous les postes nécessaires», le «maintien des diplômes et concours nationaux qualifiants», l’«arrêt de l’individualisation des rémunérations et de la mise en concurrence du personnel». Il se prononce aussi pour l’«abandon de toutes les mesures LPR (…), notamment les chaires de professeurs juniors, les contrats de projets, les “CDI” de mission». Enfin, des mesures de rattrapage liées à la crise Covid s’imposent, dont «la réouverture de toutes les universités avec tous les cours, CM, TD, TP en présentiel dans le respect des  maquettes».

Communiqué commun FERC-CGT, FSU, FO ESR, SUD Éducation et SUD Recherche EPST – 29 juin 2021

L’association des plus grandes entreprises et administrations publiques françaises, mobilisée sur les enjeux numériques plaide pour une action volontariste de la France et de l’Europe dans le domaine de la 5G

Le Club informatique des grandes entreprises françaises rend public son rapport «Prospective de la 5G à horizon 2030» (1) réalisé en coopération avec le think tank Futuribles International. Objectif: «éclairer les trajectoires possibles et (…) fournir à leurs membres les éléments, ou une partie des éléments, nécessaires à la prise de décision» en vue de «tirer profit de cette opportunité technologique tout en réduisant les risques sur leurs activités et sans compromettre leur responsabilité sociétale, en termes de télécommunications». 

Pour une stratégie concertée au sein de l’Union européenne

Cette réflexion prospective concerne aussi les pouvoirs publics national et européen, dans un contexte international où Américains et Chinois travaillent à renforcer leur puissance, contrairement à «l’Union européenne (qui-NDLR) n’est pas capable de donner des directives de régulations communes ou de développer une stratégie industrielle concertée». Pour autant «la France et l’Europe ont investi la 5G pour la mettre au service du bien commun en l’utilisant comme un outil pour les territoires et les individus. Ce choix stratégique qui contraint les opérateurs à offrir une égalité d’accès au service et qui assure de limiter les externalités négatives de la technologie en matière environnementale, s’inscrit dans une logique d’indépendance de l’Union». Reste que au niveau national, «faute de moyens dans un contexte de crise économique liée à la Covid 19, les opérateurs et les industriels français n’ont pas pu déployer très largement la 5G sur le territoire. Ce retard sur les infrastructures télécom a un impact sur le dynamisme économique de la France amplifié par le déploiement massif de la 5G à l’international».

Il s’agit de mesurer et de répondre à plusieurs enjeux-clés. La nouvelle technologie «illustre les liens étroits existants aujourd’hui entre enjeux géopolitiques mondiaux et problématiques nationales voire ultra-locales et qui ont été mis en exergue par la crise Covid-19», «préfigure les rapports de force internationaux qui structureront les dix années à venir et sans doute au-delà». Dans le même temps, elle impose «de développer des dispositifs innovants nécessaires pour profiter des bénéfices de la 5G tout en bridant ses coûts énergétiques», ainsi que de répondre à un fort «besoin en formation et en recherche». Le tout devant faire l’objet d’une «homogénéisation de l’accès à cette technologie sur le territoire français et à l’échelle européenne». 

1) Accessible en ligne sur le site du Cigref.

Communiqué Cigref –  29 juin 2021

La situation créée par la compagnie aérienne Norwegian incite le syndicat des pilotes a réitérer son appel pour des règles sociales européennes harmonisées. 

L’adresse du SNPL aux autorités nationale et européenne fait suite à la crise au sein de la compagnie Norwegian, traduite par la fermeture de «sa base française située à Roissy-Charles de Gaulle (CDG)» assortie d’un plan social touchant «l’ensemble de ses salariés français». Le syndicat, opposé à cette décision, constate que la compagnie continue de proposer des liaisons depuis l’aéroport, non sans rappeler s’être ému «en mars dernier, de l’annonce de la création de la nouvelle compagnie (…) Norse Atlantic et de la volonté affichée de cette dernière de reprendre les vols transatlantiques abandonnés par Norwegian». 

Une situation d’autant plus inacceptable que «la solidarité nationale continue à verser les arriérés de salaires non payés par Norwegian ou une partie, parfois infime, des indemnités de licenciement (…) aux ex salariés français». C’est pourquoi le syndicat «demande aux décideurs français et européens de tout mettre en oeuvre pour empêcher de telles situations (…) de nivellement social par le bas».

Communiqué SNPL – 28 juin 2021

Le syndicat agricole Confédération paysanne estime que l’accord des instances de l’Union européenne sur la politique agricole commune est insuffisant et appelle la France à l’améliorer.

Pour la Conf’, il faut déplorer «le peu d'ambition de cet accord, particulièrement sur les enjeux sociaux et environnementaux», et sa déconnexion avec les enseignements de «la crise sanitaire et des dépendances agricoles qu'elle a mises en lumière». Le syndicat plaide néanmoins que «le gouvernement français peut encore redresser la barre et tracer une ligne plus ambitieuse», ce qui signifierait, concrètement: «aller au-delà du plancher des 10% sur le paiement redistributif», «activer l'aide “petits agriculteurs”» au lieu de la «pseudo aide couplée “maraîchage” qui exclut l’arboriculture». 

En matière environnementale, il faudrait aussi aller au-delà du «plancher des 20% des aides du 1er pilier pour les écorégimes» et «revoir en profondeur son projet d'architecture des écorégimes pour en exclure la certification HVE».

Communiqué Confédération paysanne –  28 juin 2021